mardi 4 novembre 2008

Les archives de l'imprimerie Fournier

L'imprimerie Fournier a été fondée en 1868 en Espagne par Heraclio Fournier, dont la famille comportait d'illustres imprimeurs parisiens. Spécialisée dans l'impression de cartes à jouer, la maison imprime en 1936 son premier timbre, qui sera suivi de milliers d'autres pour une quarantaine d'administrations postales.

Aujourd'hui fusionnée à l'United States Playing Card Company, le groupe imprimerait plus de 35% des cartes à jouer dans le monde !

Ce qui nous intéresse aujourd'hui, ce sont les archives de cet imprimeur, qui sont offertes en plusieurs fois aux philatélistes via la maison de vente Christoph Gärtner. La vente actuelle, la quatrième de ces archives, est consacrée aux pays francophones d'Afrique.

Les amateurs de progressive die proofs seront comblés mais ce qui est particulièrement intéressant à mon avis, ce sont les dessins originaux qui correspondent aux timbres émis.  Voici six petits dessins (11,7 x 8,0 cm) de F. Llamosas qui serviront à illustrer la série des animaux africains émise par la Guinée en 1968 :

Guinée, animaux africainsGuinée, animaux africainsGuinée, animaux africainsGuinée, animaux africainsGuinée, animaux africainsGuinée, animaux africains
Mis en vente par Auktionshaus Christoph Gärtner, vente aux enchères n° 8 du 05.11.2008, lots n° 258A, 259A, 259B, 259C, 259D et 259E.

Prix de départ : 250€
Prix de vente : Invendu, 270€ et quatre Invendu

À titre de comparaison, voici la série de timbres correspondante :

Guinée, animaux africains
Mis en vente sur ebay par ldramisiii, lot n° 280281535387.

Prix de départ : 0,99$

Prix de vente : Invendu

Pour la petite histoire, Heraclio Fournier n'est pas le célèbre Fournier qui a créé plus de 3500 reproductions de timbres (ce qu'on nomme plus communément des faux) au début du vingtième siècle. Celui-ci s'appelait François.

mercredi 29 octobre 2008

Poste aérienne vers Halifax

Voici le cinquième article de ce blog consacré aux timbres poste aérienne de Terre-Neuve. Il y a d'abord les trois grandes raretés, les timbres surchargés à 200 ou 300 exemplaires pour les vols du Hawker, en 1919, de Francesco de Pinedo, en 1927 et du Columbia, en 1930.

Le quatrième article était consacré au vol du Dornier Do-X, en 1932. Surchargé à 8000 exemplaires, on ne peut pas dire que le timbre soit rare, sauf lorsque la surcharge est inversée...

Le timbre vedette de cet article a été émis en 1897 et surchargé en 1921 pour un vol courrier à destination de Halifax, en Nouvelle-Écosse. Cette fois, il y aura 14 000 exemplaires produits par le service des postes... dont 100, soit quatre feuilles, avec une surcharge inversée. Inutile de dire que ces cent timbres n'ont pas servi à affranchir le courrier.

Voici un exemplaire, avec légère trace de charnière et garantie Kessler au dos :

Poste aérienne vers Halifax
Mis en vente par Eastern Auctions, vente aux enchères du 01.11.2008, lot n° 121.

Cote : 6375$
Prix de vente : Inconnu

On distingue six types de surcharge (ce qui démontre le peu de soin apporté à la réalisation de ce travail), principalement en fonction de la présence ou pas d'un point sur la dernière ligne, de l'espacement entre les mots AIR et MAIL ainsi que de l'alignement vertical entre les trois lignes.

Parmi les 100 timbres, il y en a 40 comme celui ci-haut, c'est-à-dire sans point après 1921, avec 2,75 mm entre AIR et MAIL et le 9 de 1921 sous le f de Halifax.


 Mise à jour : Justement, des nouveaux exemplaires de la surcharge pour le Columbia.

lundi 27 octobre 2008

Affranchissement mixte Fidji - États-Unis

En 1870, le Fiji Times, un journal hebdomadaire, crée les premiers timbres des Îles Fidji, un archipel composé de centaines d'îles dans l'océan Pacifique sud. L'objectif initial était le paiement de l'acheminement des journaux mais, en l'absence de service postal, il était possible d'utiliser ces timbres pour payer l'envoi de lettres à destination d'autres îles.

Le service postal officiel sera mis en place en décembre de l'année suivante et le service offert par le Fiji Times sera en toute logique abandonné.

Affranchissement mixte Fidji - États-Unis
Mis en vente par Spink, vente aux enchères n° 8021 du 13.11.2008, lot n° 672.

Valeur estimée : 20 000 à 25 000£
Prix de vente : Invendu


Mis en vente par Prestige Philately, vente aux enchères n° 136 du 24.05.2008, lot n° 334.

Valeur estimée : 50 000$
Prix de vente : Invendu

ex Seybold, Lagerloef, Purves, Robertson, Mayer

Ce pli est particulièrement intéressant car il possède un affranchissement mixte; la première partie du trajet est acquittée par l'un des timbres émis par le Fiji Times, tandis que la deuxième, pour rejoindre San Francisco, est payée à l'aide d'un timbre américain. Cette enveloppe est d'ailleurs le seul affranchissement mixte Fidji - États-Unis connu.

Par ailleurs, on ne connaîtrait aujourd'hui que six lettres affranchies avec ce timbre, ce qui est suffisant pour en faire une grande rareté, rareté qui n'a pas trouvé preneur en mai cette année et qui est de nouveau offerte à la vente, cette fois à Londres, histoire de toucher un plus large éventail d'acheteurs potentiels.

Pour la petite histoire, ce pli aurait voyagé sur le Wonga Wonga, qui a quitté les Fidji le 11 septembre 1871 pour arriver à San Francisco le 6 octobre.

samedi 25 octobre 2008

Les timbres du Canada, une valeur sûre

Le titre de ce billet était, si ma mémoire ne me fait pas défaut, le slogan de Postes Canada pour convaincre les philatélistes ou investisseurs occasionnels d'acheter des timbres et des produits philatéliques pour en faire un placement plutôt que pour envoyer du courrier. Cependant, je ne retrouve pas ce slogan sur Internet ni dans les publicités que j'aurais pu conserver (pas étonnant, je n'ai rien conservé !) donc restons honnêtes et supposons que c'est pure invention de ma part. Peut-être un lecteur pourra-t-il m'éclairer sur le sujet ?

Néanmoins, comme presque toutes les administrations postales, Postes Canada émet aujourd'hui une pléthore de produits philatéliques destinés à satisfaire les collectionneurs et les (futurs) actionnaires, qui sont ravis que tant de clients achètent des images à un prix fort.

Ami lecteur échoué sur ce blog, constate la valeur actuelle d'un placement réalisé il y a plusieurs décennies dans ces produits philatéliques :


Énorme accumulation de plusieurs milliers de plate blocks. Illustration piquée sur eBay par l'auteur de ce blog pour illustrer les timbres contenus dans le lot, la série « Queen Elizabeth II Wilding Portrait » de 1954.

Mis en vente par R. Maresch & Son, vente aux enchères n° 439 du 21.10.2008, lot n° 1.

Valeur faciale : 7939$
Prix réalisé : 5000$


Accumulation d'environ 20 000 plate blocks, la plupart par groupe de 100 dans l'emballage original de Postes Canada. Illustration piquée sur eBay par l'auteur de ce blog pour illustrer les timbres contenus dans le lot, la série des emblèmes provinciaux de 1964.

Mis en vente par R. Maresch & Son, vente aux enchères n° 439 du 21.10.2008, lot n° 2.

Valeur faciale : 5347$
Prix réalisé : 2300$


2277 copies, la plupart dans leur emballage original. Illustration piquée sur eBay par l'auteur de blog pour illustrer le feuillet-souvenir de 1984 contenu dans le lot.

Mis en vente par R. Maresch & Son, vente aux enchères n° 439 du 21.10.2008, lot n° 2.

Valeur faciale : 3757$
Cote : 9108$
Prix réalisé : 2500$


Collection de 1950 à 2002, timbres, blocs, carnets, feuillets, plis premiers jours, etc.

Mis en vente par R. Maresch & Son, vente aux enchères n° 439 du 21.10.2008, lot n° 15.

Valeur faciale des timbres neufs : 2979$
Prix réalisé : 1550$

En 1954, avec 8000$, un particulier pouvait acheter 10 000 livres (4500 kilos) de boeuf, 60 000 miches de pain ou encore 38 000 pintes (43 000 litres) de lait. Cinquante ans d'inflation plus tard, les timbres sont vendus 5000$, ce qui correspond à 300 kg de viande, 2500 miches de pain ou 2800 litres de lait. Source : Le dollar canadien, une perspective historique, sur le site de la Banque du Canada.

En arrondissant un peu, les 8000$ de timbre en valent environ 500 en dollars constant. Comme placement, autant mettre son argent sous son matelas !

Mise à jour du 19 janvier 2009

Voilà, j'ai retrouvé la trace du slogan qui fait le titre de ce billet :

Mis en vente par H.R. Harmer, vente aux enchères n° 2990 du 21.01.2009, lot n° 2375.

Cote : 5500$
Prix de vente : 1200$

collection « Mont-Royal »

Dans ce carnet de 1988, dont la particularité est d'être mal découpé, on retrouve 10 timbres de 38¢ ainsi que deux vignettes dentelées qui indiquent

Remember to use the Postal Code. N'oubliez pas d'indiquer le code postal.

The Stamps of Canada - worth collecting. Les timbres du Canada - une valeur sûre.

Dans la marge supérieure on a le nom de l'imprimeur, Ashton-Potter Limited. Le texte que l'on peut lire au verso de la couverture cartonnée (mal découpée elle aussi d'ailleurs) nous apprends comment « tirer le meilleur parti de la poste ». Pour ce faire, il faut « laisser une bande de 19 mm libre de toute inscription au base de l'enveloppe ». Admirez la précision.

On trouve également, info pratique cette fois, les tarifs pour des lettres de « format standard » : 38¢, 44¢ et 75¢ pour des lettres de moins de 30g, 30g et 20g à destination du Canada, des États-Unis et d'ailleurs. Ces tarifs augmenteront en 1990.

lundi 23 juin 2008

Le salon du timbre 2008

Puisqu'en ce moment sur la blogosphère philatélique francophone on parle du salon du timbre, je vais partager avec mes quelques lecteurs assidus mes impressions personnelles.

Ayant un peu délaissé la philatélie dans les années précédentes, c'est la première fois cette années que je me rendais à cette manifestation créée en 2004 par La Poste. Pour résumer mon sentiment, ma plus grande déception est de ne pas avoir eu assez de temps pour y flaner à mon aise.

Commençons par le cadre. Quel plus bel endroit y a-t-il à Paris que le parc floral ? Certainement pas la porte de Champerret... Machiavélique l'entrée secondaire du parc au prix de 1€, vingt mètres à gauche de l'entrée principale à 5€ ! Il faudra que je m'en souvienne pour les après-midi où je « déboulerai [au parc floral] avec une horde de Parisiens pour faire un pique-nique » (authentique commentaire d'un philatéliste).

La différence principale avec le salon d'automne à l'espace Champerret est l'impression de professionnalisme qui se dégage de ce salon. Je ne parle pas des hôtesses dont « la beauté déconcentre le service de sécurité » mais simplement de l'aspect général de la manifestation, des « prestations » pour employer le jargon à la mode.

Les machines d'imprimerie, les maquettes de Léonard de Vinci, l'exposition sur le cirque, les différents ateliers sont d'excellentes idées qui dynamisent la philatélie auprès des enfants. J'avoue que le mien, âgé d'à peine un an, s'amusait plutôt à déchirer le pamphlet de l'Académie de philatélie offert par un passant, à grignoter la tuile aux amandes offerte par les hôtesses de Pascal Behr Philatélie ou à se faufiler entre les panneaux de l'exposition tandis que tant bien que mal j'essayais de rester concentré...

Parlant des expositions, je regrette de ne pas avoir pris une journée de RTT, il y avait tant à voir ! Je me suis arrêté devant plusieurs d'entre elles et j'ai particulièrement apprécié une collection thématique sur le timbre Jeanne d'Arc émis en 1929, une collection thématique sur la publicité et les timbres (le collectionneur a judicieusement inclus les timbres canadiens sponsorisé par McDonalds...), une collection portant sur l'histoire postale du Canada, contenant au moins trois plis de Nouvelle-France, dont le dernier connu avant la capitulation de la colonie face aux troupes anglaises, une extraordinaire collection portant sur l'histoire du système postal suédois, et j'en passe. Tout ce qu'il manquait, c'était d'éventuelles « visites guidées » mais je ne sais pas si ça se fait. Ah, j'allais oublier les panneaux de l'Académie de philatélie (une instance qui m'était inconnue), très classe et également très intéressants.

J'ai noté dans une des collections exposées (misfortune mail from Sweden si ma mémoire est bonne) un pli déchiré avec une lettre d'excuse de l'opérateur postal. Ce qui m'a frappé c'est qu'il y a quelques années j'ai reçu une lettre complètement déchirée avec une telle lettre d'excuse de La Poste et à l'époque j'avais tout simplement jeté le tout (après avoir lu la lettre quand même) sans jamais que me vienne à l'idée qu'un philatéliste aurait pu trouver ça intéressant !

Pour ce qui est des marchands, je me suis arrêté virtuellement nulle part, si ce n'est au stand de Pascal Behr, où j'ai été fort étonné de voir une rareté de Colombie Britannique, que j'aurais pu considérer pour ma collection si j'avais un revenu 50 fois supérieur à celui que j'ai actuellement...

Et malheureusement pour La Poste, je ne me suis pas arrêté à ses kiosques, les « produits philatéliques » contemporains ne présentant pour moi aucun intérêt. Je suis donc un mauvais sujet qui bénéficie du salon sans toutefois contribuer aux caisses du principal sponsor.

Bref, comme je le disais au début de ce billet, ma seule déception est de ne pas avoir pris plus de temps pour flaner à mon aise.

mercredi 18 juin 2008

Le Canada dans l'espace

Dès le début des années 1990, le Canada commence à émettre des « timbres gadgets » et d'innombrables carnets et feuillets-souvenir.

Ainsi, en 1992, naît le premier timbre canadien comportant un hologramme. Le tout premier tel timbre était autrichien, en 1988. Début 2000, plus de soixante différents timbre avec hologramme étaient disponibles.

L'hologramme étant plus ou moins collé sur le timbre, il était inévitable que des variétés apparaissent :

Timbre hologramme du Canada

Mis en vente par R. Maresch & Son, vente aux enchères n° 436 du 18.06.2008, lot n° 1047.

Cote : 2500$

Prix de vente : 950$


Sur cette feuille, on a un hologramme manquant. Il peut y en avoir deux, ou même dix :

Timbre hologramme du Canada

Mis en vente par R. Maresch & Son, vente aux enchères n° 436 du 18.06.2008, lot n° 1049.

Cote : 25 000$

Prix de vente : 7000$


Il y a également d'autres variétés. Le satellite Anik (type E2, lancé en 1991) est imprimé en argent :

Timbre hologramme du Canada

Mis en vente par R. Maresch & Son, vente aux enchères n° 436 du 18.06.2008, lot n° 1044.

Cote : 37 500$

Prix de vente : 11 500$


Pas d'argent...  Une autre très jolie variété est celle où la terre est engloutie par un trou noir :

Timbre hologramme du Canada

Mis en vente par R. Maresch & Son, vente aux enchères n° 436 du 18.06.2008, lot n° 1046.

Valeur estimée : 1500$

Prix de vente : 525$


Il y en a bien d'autres; la navette peut être trop haute, trop basse, il y a la pluie de météores dans le ciel, etc. Cependant, celle qui m'a le plus plu et qui a motivé cet article est la suivante, très jolie et plutôt inattendue :

Timbre hologramme du Canada

Mis en vente par R. Maresch & Son, vente aux enchères n° 436 du 18.06.2008, lot n° 1045.

Valeur estimée : 1500$

Prix de vente : 525$


Cette mini-feuille gadget aux mille variétés a bien sûr été produite pour être vendu aux collectionneurs. La stratégie a bien fonctionnée puisque qu'une lettre « nature » affranchie du timbre holographique cote à 20x la faciale...

Mise à jour du 19 janvier 2009

Histoire de comparer les prix, voici une autre feuille où les dix hologrammes sont absents :

Le Canada dans l'espace

Mis en vente par H.R. Harmer Inc., vente aux enchères n° 2990 du 21.01.2009, lot n° 2460.

Cote : 25 000$

Prix de vente : 7000$

collection Mont-Royal


Moins de dix telles feuilles auraient été découvertes. Je ne suis pas certain qu'on puisse toute aisément les distinguer les unes des autres sur des scans mais dans le cas qui nous concerne, cette feuille est bien distince de celle vendu en juin dernier; on le remarque au centrage des timbres qui n'est pas optimal sur cette feuille.

lundi 16 juin 2008

Une carte postale du Canada

Quoi de mieux que cette carte postale pour illustrer les grandes étendues forestières canadiennes ?

Une carte postale en écorce de bouleau

Mis en vente par R. Maresch & Son, vente aux enchères n° 435 du 17.06.2008, lot n° 785.

Valeur estimée : 250$

Prix de vente : 120$


Vous l'aurez remarqué, c'est un morceau d'écorce de bouleau ! Postée le 3 janvier 1904 de Battleford, une petite ville de Saskatchewan, la carte est arrivée à Nice (ou du moins en France, dans le département des Alpes-Maritime) le 17 février, où elle s'est vue taxée de 30 centimes.

Manifestement, un postier a considéré que ce n'était pas une carte postale mais une lettre et qu'elle était donc insuffisamment affranchie (2¢ pour une carte postale, 5¢ pour une lettre).

Les Français qui liront cet article ne connaîtront vraisemblablement pas le bouleau blanc, un arbre très commun au Canada dont l'écorce s'enlève en grandes feuilles souples, avec lesquelles les enfants jouent tout naturellement, probablement au grand déplaisir des arbres concernés... La prochaine fois que j'irai au Québec, j'en arracherai un petit bout sur le bouleau qui se trouve devant la maison de mes parents (pourvu qu'ils ne lisent pas ce blog !) et je le mettrai à la poste voir si en 2008 il sera acheminé jusqu'en France.